La Société des Peintres-Graveurs Français

La Société des Peintres-Graveurs Français

La Société des Peintres-Graveurs Français, créée par Degas, Bracquemond, Rodin et Eugène Carrière en 1889, devrait être aussi célèbre que la tour Eiffel ou le Moulin Rouge, autres enfants nés cette année-là.

À l’heure de la révolution numérique, du triomphe absolu de la spéculation sur la photo, n’est-ce pas un miracle qu’elle existe encore?

Le plaisir de la gravure c’est qu’on cherche à en pénétrer les secrets, on observe les noirs, le velouté de l’encre qui a imprégné le papier…une émotion savante que connaissent les collectionneurs de montres, les fous de disques vinyle ou les passionnés de grands crus historiques –l’art en plus. Acheter une gravure? Aller voir une exposition de gravures? S’intéresser à la gravure?…Et si c’était la vraie audace?

Pour répondre à cette question, et de façon tout -à-fait constructive, la Société des Peintres-Graveurs Français existe depuis 1889, et elle a été reconnue d’utilité publique en 1949. La Société fut constituée pour favoriser le développement de la gravure originale. Elle comprend, en dehors de ses membres titulaires, des membres honoraires qui soutiennent les manifestations artistiques de la Société. Leur nombre est limité à 120. Une originalité remarquable consiste à que tout membre honoraire reçoit, chaque année, trois gravures originales, exécutées par des artistes de la dite Société.

Présidée actuellement par Erik Desmazières, on compte entre les anciens Présidents des artistes connus comme Auguste Rodin, Jean-Louis Forain ou Daniel Morane.

Parmi les anciens Sociétaires, et pour ne citer que les 30 probablement plus connus, on trouve Bonnard, Bernard Buffet, Eugène Carrière, Mary Cassatt, Marc Chagall, Antoni Clavé, Edgar Degas, Maurice Denis, André Derain, Raoul Dufy, Dunoyer de Segonzac, Fantin-Latour, Jean Frélaut, Marie Laurencin, Aristide Maillol, Albert Marquet, André Masson, Henri Matisse, Oudot, Camille Pissarro, Odilon Redon, Auguste Rodin, Georges Rouault, Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon, Jacques Villon, Maurice de Vlaminck, Vuillard, Whistler et Zorn. Un bouquet d’artistes complet, avec toutes les saveurs de mouvements différents et variés et avec l’éclat de diverses personnalités.

En 2011, par exemple, la Société organisa la 69ème. Exposition, prenant comme thème “Graveurs de l’Europe”. Le Président Desmazières, membre de l’Académie des Beaux-arts, où quatre fauteuils sont occupés par des graveurs, a l’enthousiasme communicatif. Probablement que d’être à contre-courant le réjouit, et que c’est pourquoi il avait conçu l’exposition de 2011 en mêlant artistes venus de toute l’Europe avec des membres titulaires de la Société.

Depuis vingt ans, chaque exposition de la Société choisit de mettre à l’honneur l’un des multiples aspects du monde complexe et diversifié de l’estampe. En 2011, plutôt que de privilégier une technique, ils décidèrent d’aller chercher en dehors de l’Hexagone ce qui se faisait de meilleur en matière de gravure. Dans cette logique, ils invitèrent douze artistes de différents pays européens: Allemagne, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie et Suisse.

Les invités étaient Diego Bianconi, Charles Donker, Tizzi Fib, Matthias Griebler, Johannes Grützke, José Hernández, Frans Pannekoek, Toni Pecoraro, Lanfranco Quadrio, Krzysztof Skórczewski, Piotr Szurek et Safet Zec. Avec ce choix, on ne peut pas prétendre naturellement ni à l’exhaustivité des pays ni à un panorama complet, mais plutôt, au gré des rencontres, des amitiés et des affinités, à provoquer une confrontation d’artistes souvent reconnus dans leur pays mais peu ou jamais montrés en France.

Tous ces artistes abordent de façon très personnelle l’estampe, mais il existe néanmoins entre eux une incontestable connivence dans leur approche du réel, toujours figurative, mais que chacun revisite et transfigure à sa manière.

Comme l’écrivait Érik Desmazières, dans l’introduction du catalogue de l’exposition “toutes ces œuvres sont fortes, convaincantes, émouvantes, et rassurantes, et nous nous réjouissons de leur offrir une visibilité et une publicité qui trop souvent manquent à l’estampe: car il est bon aussi que l’estampe se montre même si, au final, nous le savons, l’intimité des cartons du collectionneur reste son lieu de prédilection.”

Comme constate Adrien Goetz dans les pages du Figaro, “La gravure n’est pas morte!”. Alors, acheter une gravure? Aller voir une exposition de gravures? S’intéresser à la gravure?… Et si c’était la vraie audace…

Etiquettes: artistes, France, gravures

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