Les réacs, la culture et l’art contemporain

Les réacs, la culture et l’art contemporain

Denis Tillinac vient de publier un nouveau livre. Cette fois, même le titre est déjà explosif: « Du bonheur d’être réac » (Éditions des Équateurs, 2014) et il consacre quelques pages au sujet de l’art contemporain.

Tout d’abord, peut-être est-il intéressant de comprendre quelle est la définition de réac selon Denis Tillinac. Pour lui, être réac c’est être en réaction contre les tendances de l’époque, et non pas juste hostile au progrès, à la modernité, ou défenseur de l’ordre et de la tradition.

Mais quels sont ses fondamentaux? La liste est longue, nette et claire: avoir le sens de l’honneur, de l’intériorité, de l’héritage, de l’humour, de la désinvolture, de l’élévation, de l’harmonie, de la religiosité, de la distinction, de la lenteur, de l’ambigüité, du regret, des hiérarchies, de l’éternité, du tragique, des nostalgies, de la pudeur, et de la féminité…voilà, donc, comment chacun -dans des proportions différentes- a un côté réac (peut-être sans le savoir ou sans le vouloir…).

Mais quel est l’approche d’un réac à la culture, selon l’auteur, lui-même écrivain? Pour Tillinac, l’approche d’un réac à la culture est intimiste, sélective et baladeuse. Et il s’explique: celle d’un Montaigne, à la rigueur d’un Mérimée; surtout pas celle de Bismarck (la « Kulturkampf ») ou de Staline (inventeur du premier « ministère de la Culture »).

En somme, le réac est fidèle a la critique de la société du spectacle et il ne croit pas aux bienfaits d’une « culture pour tous », censée abolir dans les bourbiers du « dialogue » le privilège du penseur, de l’artiste, de l’érudit au profit de masses miraculeusement ouvertes à la créativité. Il ne croit pas à la créativité de tout individu chère à l’anti-pédagogie.

Et côté art contemporain, Tillinac ne cache pas ses mots: « Nul n’est tout à fait dupe du non-sens de l’art contemporain’. Mais nul n’ose se l’avouer en parcourant, dans les FIAC, les lambeaux d’une chronique avant-gardiste désormais obsolète. Tout ayant été ‘déconstruit’, le conflit entre anciens et modernes, académisme et nouvelle vague, n’a plus d’objet. Les audaces vieillissent si vite que leur succession donne l’impression d’être braillée par des ados qui se cherchent une personnalité. Détruire quoi? Il n’y a plus qu’un amas hétéroclite de ruines. Le réac constate, non sans tristesse, que l’histoire de l’art a rendu sa copie. Depuis un bon demi-siècle chacun beugle ou murmure sa dérision, son angoisse, son dégoût dans une débauche de paroxysmes qui peuvent amuser, ébahir ou ‘déranger’, mais n’ont plus aucune attache avec l’armature de notre sensibilité. Aucune prise sur l’universel. Subjectivisme sans phares ni balises. Assomption d’un arbitraire à la botte d’une spéculation orchestrée par des experts ès snobismes ».

Pfff!! On peut le dire plus fort, mais pas plus clairement. On peut en être ou non d’accord, mais il y a matière à réfléchir…Faisons-le!

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